Le recours aux forêts

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Ma maison dans la Forêt

dimanche 11 janvier 2009, par Martine Schnoering

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La scène a lieu par un temps de chien, sous une pluie torrentielle. Après une crise de désespoir furieux consistant à déverser dans le refuge toutes les ordures possibles, en tas, avec au sommet de la pyramide, une pancarte disant : « vous qui aimez la merde, vous êtes servis », essoufflés, trempés, nous finissons par nous calmer… On ne peut tout de même pas laisser ce pauvre refuge dans un tel état, ce serait peut-être provoquer une surenchère dans la violence et précipiter sa fin… Cela risque aussi de pénaliser des randonneurs innocents… Nous ramassons alors patiemment toutes les ordures que nous venons juste de répandre, les trions par « genre » et les emportons dans nos véhicules. Quelques jours plus tard, visite de contrôle. Tout est apparemment en ordre, rien ne traîne, sauf ces deux couvertures pliées sous le banc. Que font-elles là ? Les vandales s’installeraient-ils ? Ah ! ils ne vont pas être déçus. J’embarque prestement les deux couvertures, dont l’odeur ne vas pas tarder à m’incommoder… Arrivée chez moi, je les lave. Que vais-je bien pouvoir en faire ? La semaine suivante, je m’installe dans un autre chalet à quelques kilomètres de la cabane, quand une vieille petite voiture s’arrête, deux jeunes gens en descendent et se dirigent vers nous.
- Bonjour !
- Bonjour, on vient chercher nos affaires qu’on a cachées derrière le chalet.
- Ah bon, pourquoi ?
- Maintenant on cache tout parce que l’autre jour, à la cabane, quelqu’un nous a piqué nos couvertures. C’est nul.
- Ah ?…

Les jeunes sont agréables et nous échangeons divers propos pour faire un peu connaissance, au cours desquels je finis par leur avouer être l’auteur du « vol des couvertures » et pourquoi. Je leur rendrai dès que possible. Celui qui semble être « le chef » s’indigne sur les comportement que je déplore et nous assure qu’en ce qui le concerne, ainsi que ses amis, ce n’est jamais le cas. Nous leur offrons des bières et ils repartent, après une bonne heure de conversation tout à fait sympathique. Le lendemain, nous allons encore une fois inspecter la cabane : Les fenêtre ont été très grossièrement rafistolées, l’état du banc s’est aggravé, une de nos bouteilles de bière trône sur la table, faisant office de bougeoir, l’autre a été jetée dans la forêt. Cette fois, nous prenons le parti d’en rire et commençons un autre dialogue gentil, par petits papiers que nous laissons sur la table. Cela me donne l’idée d’instaurer un système de cahier de bord, dont je soignerai la présentation, avec en couverture une très belle photo du refuge sous la neige, et une entrée en matière chaleureuse et sympathique. Accompagné d’un beau stylo noir, je le mets à la disposition des visiteurs. Nous verrons le temps qu’il durera…

Septembre 2004 : Mon cahier de bord a un succès fou ! Vingt pages au moins sont remplies de textes et de dessins de différentes personnes qui communiquent par son intermédiaire, se saluent, voire même tentent de régler des comptes… Nous passons une après-midi entière à remplacer les vitres, à nettoyer et à peindre les murs en blanc. Tiens, que fait ce ballon de volley sous la table ? N’y touchons pas. Quelques jours plus tard, le même ballon passera au travers d’une vitre… C’est là qu’il faut apprendre à être « Zen »… Mais, chose incroyable, les « casseurs » se dénoncent dans le cahier et s’excusent, promettent de réparer ou de payer ! Je réponds, dans le cahier, par quelques commentaires tristes et légèrement découragés, avant de ramasser les tas de verre cassé qui jonchent le sol et de partir.
Fin septembre 2004 : Constat : ils ont tenu parole et réparé la vitre, grossièrement certes, mais la bonne volonté se respecte. Il y a encore du travail. C’est reparti pour une après-midi bricolage : peinture, réparation du banc, de la façade, confection d’un loquet permettant de fermer la porte de l’extérieur enclouage d’une planche, nettoyage des vitres.

Octobre 2004 : (refrain, connu hélas) : « Encore un carreau de cassé, v’la le vitrier qui passe, encore un carreau de cassé, v’la le vitrier passé » … Consolation : en cherchant des affaires dans le coffre de ma voiture, j’y ai surpris la « souris beige », trônant sur un sac de victuailles. Heureusement pour elle, elle a sauté à terre en me voyant : je l’ imagine mal survivant plus d’une journée en ville… Le soir, elle a eu droit comme d’habitude à quelques friandises et nous a à son tour régalés, d’un chant nocturne avec sa drôle de voix aux accents de « Gremlin » !

Octobre 2004 (suite) : Oh ! elle n’est pas seule ! Ce soir, apprivoisée par un quignon de pain, elle nous a présenté sa petite famille, se laissant généreusement observer. Quelques jours plus tard, à l’aide de documents, nous l’avons identifiée comme étant, non pas une souris, mais un lérot, adorable bestiole aux yeux noirs maquillés à l’égyptienne, au pelage roux et à la jolie queue en pinceau. Il s’agit d’un animal relativement rare dans nos régions, car préférant les climats chauds. C’est sans doute pourquoi toute la famille a élu domicile sous la cheminée

Février 2005 : toutes les pages blanches du livre d’or ont été arrachées… C’est déjà là une surprise fort désagréable. Et juste au moment de quitter le refuge, alors que je tire mon sac à dos posé sur le banc, je m’aperçois avec stupeur que la planche du banc, celle que nous avions soigneusement reclouée, se déplace étrangement. Examinant la chose de plus près, je constate que cette planche a été arrachée, les clous qui la maintenaient ont été proprement rabattus et la planche a été reposée à sa place « comme si de rien n’était ». Cela sent la provoc à plein nez, et j’ai la désagréable impression d’en être la cible. Excessivement contrariée devant un tel océan de bêtise, j’embarque la planche en pensant que je m’en servirai juste quand je viendrai et qu’en aucun cas je ne réparerai plus le banc. Ils n’ont qu’à le brûler entièrement, je m’en fous. Dans un mouvement de rage, j’emporte également les cahiers de bord et les photos accrochées au mur. Je ne veux plus laisser aucune trace de mon passage, et là pour une fois, je ne parle pas des ordures. Je décide également de ne plus ramasser les immondices de ces idiots, de ne plus m’occuper de rien, je suis totalement écœurée…

Mars 2005 : Rencontre du gang des « jeunes à la couverture » qui s’indignent de la disparition de la planche du banc, des cahiers de bord et des photos. Je leur raconte tous mes déboires et ils proposent gentiment de réparer le banc (ils allaient de toutes façons le faire, disent-ils). Avec ma candeur habituelle, je leur confie donc « ma » planche avant de les quitter. La suite me permettra de constater qu’ils ne remettront jamais le banc en état et je ne saurai jamais comment cette belle planche a fini, probablement dans le feu ? Les abords du chalet sont semés d’ordures de toutes sortes. Parfait. On laisse tout en place. Quelques semaines plus tard, arrive une grosse poubelle noire qui s’installe près de l’entrée. Voyons voir le temps qu’elle va mettre à déborder…

Avril 2005 : … Quand je dors sur mon banc mutilé, j’ai les pieds dans le vide et cette maudite planche me manque. Heureusement que j’aime la lecture : un bon livre à la couverture rigide, scotché au bon endroit et mes pieds trouvent un support provisoire acceptable… C’est le printemps, les lérots reprennent leur activité. C’est follement drôle de les observer quand ils chipent un petit morceau de pain et qu’il essayent de le monter au plafond dans une de leurs réserves. On voit le morceau de pain qui monte le long du mur, qui tombe par terre, et la bestiole recommence. Nous avons fait un petit bruit qui l’a effrayée, alors elle s’est cachée dans un recoin, en laissant naïvement dépasser sa longue queue avec le petit pinceau au bout ! Il aurait été facile de l’attraper, mais nous ne jouons pas à ce genre de jeu.

Mai 2005 : Encore un constat lamentable de plus… Une bâche accrochée au plafond par les jeunes « à la couverture » et qui protégeait la table des gouttières a été arrachée et traîne devant le chalet. Une grande fenêtre au verre épais a été (apparemment volontairement) explosée à l’aide d’une pierre qui gît juste à côté des débris… (cela semble arranger les deux fougères qui poussaient dans le refuge, et qui à présent prennent l’air par la fenêtre cassée).

Ce n’est pas tout : le revêtement bleu ciel en toile cirée qui recouvrait la porte et nous protégeait des courants d’air a été arraché, lacéré, faisant réapparaître les planches disjointes. Il en reste quelques lambeaux, à l’image de mon estime pour l’espèce humaine. Tant pis, on ne touche à rien, il sera toujours le temps d’aviser cet hiver… En attendant, la bâche arrachée remplacera la vitre cassée… Quelle misère ! Mais y a toujours de petites consolations : une minuscule souris guette toujours le petit morceau de pain que nous lui offrons, le saisit et s’enfuit avec la vivacité d’un éclair, pour revenir en chercher un autre aussitôt…

Juin 2005 : Très bonne surprise pour une fois. La fenêtre détériorée a été entièrement remplacée par une neuve. Sans doute est-ce l’œuvre des bûcherons ? La poubelle noire déborde de canettes et de bouteilles de Vodka, que j’ai furieusement envie d’emporter au récupérateur verre, mais je me retiens… Il y a autre chose à faire : les fleurs de juin, dans la lumière du soir prennent la pose pour les photographes. J’apprécie particulièrement, à contre-jour, les petits haricots des genêts, bordés d’une frange de poils lumineux, et dont on peut voir les graines par transparence, les fleurs qui ressemblent à des papillons jaunes à la petite langue en spirale.

Les « compagnons rouges » (silène dioïque) à la silhouette grêle aussi sont aussi tout poilus ! Cette nuit, les lérots ont été assez discrets . Mais à l’aube, comme s’ils obéissaient à un cri de ralliement, ils nous ont fait profiter d’une furieuse galopade au-dessus de nos têtes, suivie d’un silence total : « tout le monde au lit » ! Ce matin, de très bonne humeur et l’âme légère, je reprends la route, lestée cependant (je n’ai pas pu m’en empêcher) de cinquante canettes de bière, en direction du collecteur local. Dommage qu’il y en ait toujours une qui goutte sur mes pieds. J’oubliais de préciser que nous avons également (quand-même) réparé le banc, avec une planche de fortune trouvée sur place et qui avait juste les bonnes dimensions !

Septembre 2005 : L’été a été serein. Mes multiples visites à ma cabane chérie ne m’ont pas permis de noter le moindre incident, à part les traces de visites, apparemment régulières, de ceux qui laissent invariablement, traîner les canettes de bière et autres bouteilles d’alcool de la même marque, souvent jetées à côté de la poubelle ou dans la forêt, juste avant de brûler tout le bois que nous avons eu la bêtise de laisser à leur disposition. Un léger progrès, ils ne brûlent apparemment plus leurs couverts. Capsules et mégots que je ramasse patiemment, jonchent toujours le sol, ainsi que les éternels papiers roses et blancs à quelques mètres de la cabane (ou carrément devant la porte)
Il y eut jusqu’à ce superbe étron, visible d’une fenêtre, qu’heureusement, nos amis les bousiers –dont justement nous protégeons la survie de l’espèce (en ramassant les pièges mortels pour eux que sont les canette) ne charrient patiemment la chose, sous forme de minuscules boulettes, hors de notre vue !

Janvier 2006 : Petit séjour chez Derzou, ça faisait longtemps.. et ça se voit… Une vitre cassée a été grossièrement réparée, tenant avec quatre clous, les interstices entre le verre et le bois étant comblés avec du papier hygiénique rose… J’ai les mains abîmées d’avoir fait une finition correcte avec du mastic, nettoyé les vitres noires de crasse, le sol infesté de mégots et de capsules de bière. Avec l’aide un ami, j’ai ramassé une centaine de canettes de bières disséminées autour du chalet. La cheminée est fendue, et lutte vaillamment contre un effondrement imminent…

Vous venez de lire un témoignage (édifiant) de ce qui se passe un chalet ouvert au public… Mais à présent, changeons de territoire et quittons le massif du Donon pour quelques belles randonnées dans les Vosges du Sud. Vous verrez alors que les chalets des Vosges réservent à ceux qui les occupent –surtout le week-end- bien d’autres surprises…

Messages

  • Il faut les cacher ses merveilles....

    Pour infos je n’aie pas le mot "jeune" trop utilisé par la TV. On ne parle pas de "vieux". Mais je comprend la fureur de l’auteure.

    • oui, c’et vrai, Jessica, vous avez parfaitement raison de souligner que le mot "jeunes" trop souvent employé péjorativement. J’ai appris depuis, quand je parle du vandalisme dans les chalets, à dire : "jeunes et moins jeunes"... Car j’ai vu à l’oeuvre, personnellement, un groupe de personnes de 25 à 50 ans, qui avaient des conduites fort grossières, en forêt et dans un refuge en particulier (pas celui de la photo). Il ne faut jamais coller d’étiquette à qui que ce soit !
      amicalement, MS

  • Bonjour, je viens d’arriver à cette histoire de cabane par hasard sur ce site inconnu (de moi) jusqu’ici.
    D’abord, merci de ce texte. C’est fort bien écrit, c’est passionnant, très bien raconté.
    Alors que la répétition (des dégradations / réparations) pourrait sembler fastidieuse, elle devient moteur d’un suspense, on est pris -et admiratif-par votre calme obstiné face aux virées iconoclastes. On se prend d’affection pour cette cabane-personnage de votre récit.
    Ca, c’est l’écriture (et ça m’intéresse).

    L’autre façon de prendre ce récit engendre moins d’enthousiasme evidemment. C’est triste. C’est un constat de société.

    Il y a quelques années dans le Vercors, au dessus de Chatillon-en-Diois,
    j’ai vu des tags bombés sur des rochers à l’arrivée d’une ballade qui consiste en une montée de 1200m de dénivelé par un petit sentier très très raide. Aucune route ne va là-haut. C’est un Parc National, hyper-réglementé. Il y a donc quelqu’un qui est monté avec des bombes de peinture dans son sac (alors qu’on pense plutôt à s’alléger) bien déterminé à ce qu’il allait faire dans un "sanctuaire".
    La bêtise est apparemment sans imites.

    PS. Je connais bien le coin dont vous parlez poura avoir habité une quinzaine d’années à Strasbourg :=) Belle région ! Amitiés.

    Voir en ligne : hello

    • Bonjour « hellohlala »

      Merci pour votre commentaire très intéressant, et votre site que je viens de visiter... J’ai adoré l’histoire du dentiste (le plaisir dans la douleur) !
      A propos du vandalisme : oui, le vandalisme est un vrai problème de société, que je rencontre régulièrement dans le massif des Vosges, étant très souvent sur le terrain. Quelques réflexions personnelles sur ce sujet :

      Vous parlez des tags sur les rochers dans le Vercors. Vous dites : "C’est un Parc National, hyper-réglementé".

      Différentes catégories de personnes, pour différentes raisons, arpentent le terrain, du Vercors, des Vosges, ou autre :

      -  les randonneurs et/ou photographes, admiratifs et respectueux de la nature sauvage, comme moi,
      -  Les naturalistes, qui oeuvrent pour la protection de la faune et de la flore,
      -  Les chasseurs,
      -  Les chercheurs de champignons ou autres plantes,
      -  Les vététistes, cavaliers et autres grimpeurs de rochers.
      -  Les fêtards qui cherchent l’isolement pour boire et fumer…

      Ces personnes ne font pas toujours très bon ménage…

      Dans le parc naturel régional les Vosges du Nord, par exemple, il semble y avoir des problèmes de ce genre.
      En règle générale, l’hyper-règlementation des sites naturels, en raison de la protection de la faune, de la flore etc., n’est pas toujours bien vécue.
      l’interdiction pure et simple TOUTE L’ANNEE de bon nombre de sites, parmi les plus grandioses, les plus remarquables : interdit de pénétrer, interdit de stationner, interdit de marcher, interdit de faire du feu, interdit de camper etc. exaspère bon nombre de passionnés de nature et de rochers. Ils se heurtent sans cesse à des panneaux d’interdiction défigurant le paysage, ou placardés, cloués sur les rochers, cependant que le paysage audio-visuel nous bombarde de scènes de nature sauvage idylliques…

      En Allemagne, dans le Palatinat, les sites rocheux sont réglementés une partie de l’année, pour la protection de la faune et de la flore, le reste du temps on peut y accéder. OK. Cela est juste et bon. Cela semble fonctionner.

      La ville est remplie de milliers de panneaux d’interdictions. A l’origine, la nature était là pour le délassement des citadins épuisés et stressés.
      Or, de plus en plus, la nature est également farcie de panneaux d’interdiction… Les « terrains d’aventure sauvages » dont l’homme a besoin, se rétrécissent de plus en plus… Y a-t-il trop d’êtres humains ? Sans doute…
      De plus, sur le terrain des Vosges, du nord au sud, on se heurte régulièrement à des chasseurs qui s’octroient le droit d’être, eux, sur le terrain, et d’apostropher, voire de menacer les randonneurs.
      C’est un fait que j’ai observé personnellement, de nombreuses fois sur le terrain.
      Le chasseur est là, l’arme à la main, qui vous dit sèchement : « Vous dérangez le gibier », alors que nous passons innocemment sur des sentiers balisés !

      Nous n’irons évidemment JAMAIS jusqu’à tagger ou détruire la nature, nous l’aimons, l’admirons et la respectons bien trop pour cela ! Nous n’irons pas non plus vandaliser quoi que ce soit ! Nous appartenons à une génération à laquelle on a appris le respect de la nature et du bien d’autrui.

      Mais pour ma part, dans ces circonstances, je peux peut-être comprendre que des personnes innocentes, jeunes ou moins jeunes, ayant un peu le sang chaud, ayant subi de telles humiliations sur ce type de terrain aient l’idée de « se venger » bêtement par des tags ou du vandalisme… De plus, a plupart des jeunes gens d’aujourd’hui ont été gâtés et n’ont pas eu l’habitude qu’on leur refuse quoi que ce soit.

      Sans vouloir défendre aucunement les vandales du Vercors, ni ceux des Vosges, je me dis : « si ils ont fait cela, il y a bien une raison ? ».

      Bien à vous !

    • Bonjour Martine,

      On peut se demander encore et j’ai bien peur qu’on ait à le faire de plus en plus (nous sommes de plus en plus nombreux) pourquoi certains individus n’acceptent pas –euphémisme- le b-a-ba des règles qui devraient régir la vie en société.

      Vous avez raison quand vous pointez les catégories de personnes qui vont et viennent dans la nature. Et j’ai les mêmes problèmes que vous avec les chasseurs, qui d’ailleurs ne sont pas souvent si bien vus que ça dans les petits villages –la chasse à partir d’un convoi de véhicules 4 x 4 comme ils le font en dégoûte plus d’un.

      Je suis randonneur comme beaucoup, par goût, parce que j’y trouve un grand plaisir. Une sérénité. Une forme d’équilibre qui compense la part de vie citadine. Parce que j’en ai besoin.

      Je ne pense pas comme vous que quelques panneaux d’interdictions rencontrés au cours d’une ballade soient suffisants pour générer une forme de rejet (de l’autorité ?) qui se traduirait par les bris de glace, les cendres, mégots et cadavres de bouteilles alcoolisées de la Cabane Dersou (formidable ce nom ! Bravo !)

      Je crois, plus globalement que les notions conjuguées de propriété / utilisation et appropriation / accessibilité facile / respect des droits d’autrui / n’est plus aussi évidente – et donc évidemment aux jeunes générations- qu’il y a quelques décades. (A ce propos, et surtout sans en faire une règle, je n’aurai pas les pudeurs de Jessica. Ce qu’on a appelé les “émeutes “ des banlieues d’il y a un an n’étaient pas le fait de gens du troisième âge à ce que je sache).

      Le quotidien “Le Monde“ daté 18-19 nov. (samedi dernier), titre “Internet ou la liberté de se goinfrer“ une interview du chanteur Jean-Louis Murat à propos du téléchargement de musique, qui oppose les sociétés productrices et les internautes. Pourquoi payer un CD (et des droits d’auteurs aux artistes musiciens) alors qu’ internet permet de télécharger gratuitement ?

      Je pense qu’il y a un manque de réflexion, voire “d’éducation“, de prise de conscience politique (les grands mots sont lâchés), à propos d’une cabane dans les Vosges comme dans la vie urbaine ou sur le net. Je crois que cela n’est pas nouveau mais s’est fortement accentué.

      Je suis comme vous (comme Dersou :=). Utilisateur de refuges à l’occasion, j’aime que mon passage ne laisse pas de trace parce que je sais qu’un autre passera par là.

      Et à propos des Parcs Nationaux : jamais, au grand jamais on ne rencontre le moindre panneau d’interdiction dans un Parc National. Sauf aux entrées des Parcs, un règlement succin et à juste titre assez draconien (pas de feu, pas d’edelweiss cueilli, etc.) On peut y croiser des gardes (à cheval), c’est assez rare. Le problème des Parcs Nationaux est autre : des gens y habitent et travaillent, or vouloir garder en l’état naturel un territoire avec des humains est difficilement possible ! (récents problèmes du P.N. des Cévennes pour la réfection d’un village en ruines, du P.N. du Mercantour où l’Etat a autorisé l’abattage de loups sous la pression des bergers, alors que la loi et leur charte l’interdit.
      Mais c’est un autre problème…
      Bien à vous et vous remerciant de votre temps accordé.

      Voir en ligne : http://lesecritsbouillis.hautetfort.com/

  • Bonjour
    Ayant découvert tout à fait par hasard il n’y a pas très longtemps d’ailleurs l’existence de la cabane Dersou, je m’intéressé beaucoup à son histoire et par la même occasion aussi un peu à votre histoire Martine. Je reviens donc régulièrement consulter les articles que vous écrivez sur ce sujet. Ils sont très intéressants. J’en découvre des nouveaux à chaque visite sur internet. Je trouves cet endroit très beau et j’ai commencé à prendre des photos. L’une d’elles occupe déjà le fond d’écran de mon ordinateur. C’est un endroit à garder secret ou a ne révéler qu’à des personnes de confiance pour éviter que trop de gens indélicats y mettent les pieds et par la même occasion leurs déchets en tous genre.Trop d’endroits magnifiques sont souillés par les saletés de quelques barbares. J’y suis passé le 22 novembre à cette petite cabane, l’endroit était propre. Bon c’est vrai que le temps étant mauvais, il pleuvait bien entendu, les fêtards préfèrent peut être se réunir dans des endroits plus chauds et confortables. Je vais surveiller çà de près. Je vais régulièrement me promener dans le massif Vosgien avec mon chien et mon appareil photo,surtout qu’en habitant à S........g, j’y suis assez rapidement. Encore toutes mes félicitations pour vos articles qui réflètent votre passion.

    • Bonjour Philippe, nous habitons la même ville sans doute ?
      Je reviens juste de la cabane Dersou, tout était impeccable :
      Cela fait plus de dix ans que je la fréquente, je dois dire que, est-ce le fait d’en parler, sans dire où c’est ?, mais dans l’ensemble, ça va plutôt mieux qu’avant au niveau des ordures abandonnées. De fidèles amis et le club Vosgien de Schirmeck, que j’ai d’ailleurs vu aujourd’hui, m’aident à veiller sur ce petit coin de paradis, font des réparations et de l’entretien.J’ai fait pas mal de photos aujourd’hui, d’ambiance, elles feront très certainement l’objet d’un nouvel article sur mon site. amicalement, Ms

      Voir en ligne : http://www.martineschnoering.com/

    • Bonjour Martine. Pour répondre à votre question, je confirme que nous habitons dans la même ville. D’ailleurs vous trouverez sur mon modeste blog créé il y a seulement quelques jours un indice à ce sujet.Je me suis permis d’y mettre un lien pour votre blog qui mérite d’être connu. Les articles sont très intéressants. Bonne journée à vous.

      Voir en ligne : http://mes-photos-57400.over-blog.com